19 et 20 janvier 2019 : le Conseil d’Administration se réunit à Larchant, près de Fontainebleau

Le 19 et 20 janvier 2019, les membres du Conseil d’Administration de YES Akademia se sont réunis pour effectuer une mini « retreat » de 2 jours dans la forêt de Fontainebleau dans le village de Larchant.
Ces deux jours ont été consacrés à s’aligner sur la mission, la vision et l’ambition de YAKA ainsi que redéfinir les rôles de chacun au sein de l’ONG. Bien sûr ils ont passé un excellent moment de team-building ensemble pour démarrer 2019, malgré les températures glaciales !
Joseph Machiah était facilitateur du week-end et a pu donner de son temps à l’équipe de manière pro-bono. Consultant en développement du capital humain, en organisation et finance, Joseph est aussi entrepreneur en série et formateur en management et est investi dans YAKA depuis 2012. Son profil Linkedin est ici : https://www.linkedin.com/in/joseph-machiah-83b5412. Grâce aux compétences de Joseph, le CA a pu renforcer sa compréhension du processus et du contenu, ainsi que revoir ses objectifs, la passion, mission, vision, ambition de YAKA et les rôles de chacun au sein de YAKA. Il a transmis ses savoir-faire et savoir-être autour de la méthode de la tournante pour parfaire la mission de YAKA, ainsi que sur les réunions déléguées pour parfaire les réunions du CA. Il a réussi à connecter les membres pour tourner en action la vision de la levée de fonds pour la structure. Grâce à ce week-end formateur, le CA en ressort renforcé pour mettre en oeuvre ses projets citoyens ensemble dans les cinq années à venir. Merci à Joseph et à toute l’équipe !
Ci-dessous quelques photos du weekend. Pour plus d’information sur le Conseil d’Administration de YAKA, vous retrouverez toutes les biographies des membres ici : http://yesakademia.ong/qui-sommes-nous-2/nos-equipes/. Les membres sont : Corinne Thouvenin (Présidente), Wadia Chaftar (Vice-présidente), Joseph Machiah (Vice-président), Stéphanie Martinier (Secrétaire générale), Adrien Sutkowski (Trésorier), Guillaume Cussac (Administrateur), Cécile Dambricourt (Administratrice), Leslie-Joyce Boston (Administratrice), Sarah Gogel (Administratrice, fondatrice), Sitina Moingarie (Administratrice), David Chhean (Administrateur), Hakima Mouflih (Administratrice).

larchant CA janvier 2019 5

larchant CA janvier 2019 4 larchant CA janvier 2019 3 larchant CA janvier 2019 2 larchant CA janvier 2019 1 larchant CA janvier 2019

« Engagement à tous les étages » – ELLE Magazine, 11 janvier 2019

ENGAGEMENT À TOUS LES ÉTAGES
ELLE – vendredi 11 janvier 2019

L’article sur Internet se trouve ici.

NOUVEAU HAUT-LIEU DE LA SOLIDARITÉ INSTALLE AU CŒUR DE LA CAPITALE, L’ASCENSEUR PARIS-BASTILLE ACCUEILLE DES ASSOCIATIONS ŒUVRANT POUR L’ÉGALITÉ DES CHANCES. UNE PREMIÈRE

« Les fenêtres, on vous les pose où ? », lance un monsieur tout en bras. En ce lundi de décembre, c’est l’effervescence dans cet immeuble haussmannien du boulevard Bourdon, à deux pas de la place de la Bastille, à Paris. Le rez-de-chaussée est en travaux, des affichettes indiquent les noms des locataires, mais, dans les étages, les derniers arrivants prennent les mesures pour ajouter une étagère tandis que d’autres sont déjà au travail. Depuis les balcons, on aperçoit au loin l’ange perché au sommet de la colonne de Juillet. Bon présage ? Symbole révolutionnaire, oui ! Car entre ces murs, dans ce nouveau lieu baptisé « L’Ascenseur », on est bien décidé à ouvrir les horizons et le champ des possibles. Ce sont pas moins de vingt et une associations qui y cohabitent pour offrir un meilleur accès à l’éducation, à l’emploi et à la culture aux jeu nés de milieux défavorisés.
Un immeuble parquet-moulures-cheminées tout entier consacré à l’égalité des chances ? Du jamais-vu ! Ce projet utopique est né de la rencontre de deux hommes engagés, Benjamin Blavier, de l’association Article 1, qui accompagne les jeunes de milieux modestes depuis leur orientation jusqu’à leur insertion professionnelle, et Saïd Hammouche, le patron du cabinet de recrutement Mozaïk RH, surnommé le « DRH des cités ». « Avec Saïd, nous nous connaissons depuis longtemps, raconte Benjamin Blavier, ancien cadre chez SFR. Nous rêvions d’un endroit dans lequel nous pourrions mutualiser nos efforts pour aider les jeunes. Quand nous sommes tombés sur ce magnifique immeuble, nous nous sommes dit : voilà, notre maison de l’égalité des chances » Ce projet un peu fou séduit même une banque, BNP Paribas, sous la houlette d’Antoine Sire, directeur de l’Engagement d’entreprise du groupe, qui décide de financer L’Ascenseur en prenant notamment en charge l’intégralité du loyer du rez-de-chaussée pour les six années du bail.
En avril 2018, un appel à candidatures est lancé afin d’attribuer les 2 300 mètres carrés sur 8 étages et les 250 postes de travail : « Nous avons reçu une quarantaine de candidatures, explique Saïd Hammouche. Nous avons choisi les associations les plus motivées, les plus expérimentées et surtout celles qui étaient prêtes à tout partager, leur carnet d’adresses, leur expérience du digital, leurs compétences. Ce n’est pas du coworking, c’est une aventure commune. »
Résultat : à chaque étage, les portes sont grandes ouvertes, et, dans les kitchenettes communes, des débats enflammés se succèdent et des réunions s’improvisent : « Nous partageons la machine à café, mais surtout les bonnes idées, s’enthousiasme Claire de Mazancourt, à la tête de l’Institut de l’engagement, qui aide chaque année 700 jeunes à trouver un job même s’ils n’ont « ni le bon diplôme, ni le bon nom, ni la bonne adresse ». Cette quadra vient d’organiser sa première réunion entre « voisins de palier » : autour de la table, Benenova, qui met en relation associations et bénévoles, La Chance, qui démocratise l’accès aux concours des écoles de journalisme, et Crésus, qui lutte contre le surendettement : « Chacun s’est présenté, a décrit ses besoins et, en une heure, on s’est déjà mis d’accord sur plusieurs actions communes. On parle la même langue, on a les mêmes convictions. On est là pour se retrousser les manches et pour réparer l’ascenseur social. » Julie Perrin, de Crésus, est sur la même longueur d’onde : « Nous allons former les 250 lauréats de l’Institut de l’engagement à la gestion de leur budget, on a l’impression que tout est possible ! »

 

ON EST LÀ POUR SE RETROUSSER LES MANCHES ET POUR RÉPARER L’ASCENSEUR SOCIAL

CLAIRE DEMAZANCOURT, DIRECTRICE DE L’INSTITUT DE L’ENGAGEMENT

Au troisième niveau, dans le bureau de Yes Akademia, l’excitation créée par cette aventure citoyenne et solidaire est palpable : « C’est formidable d’être tous réunis, confie Sarah Gogel, la fondatrice, on s’épaule, on s’entraide. Quand on ressent du découragement face à l’immensité de la tâche, on monte d’un étage, on discute et on est reparti pour un tour ! » Sur les murs des bureaux, des affiches avec des slogans très « feel good » comme : « Leur avenir en grand », « Confiance », « On prend la parole »… Les salles de réunion portent des noms comme « Espoir » ou « l’Everest ». Naïf ? Réaliste, au contraire, car c’est bien une montagne de préjugés et d’obstacles qu’ont à franchir les jeunes nés loin des beaux quartiers ou issus de milieux sociaux défavorisés quand ils doivent trouver leur voie professionnelle. Selon l’Institut Télémaque, installé également à L’Ascenseur, 31% des collégiens de REP+ font un stage en lien avec leur orientation après la troisième contre 5 6 % des collégiens hors éducation prioritaire ; les enfants d’ouvriers ont onze fois moins de chances de réussir au bac que les enfants de cadres ; 75% des collégiens de REP+ réussissent leur brevet versus 90% hors éducation prioritaire… Virginie SaImen, cofondatrice de Viens voir mon taf, est convaincue de la nécessité de se rassembler pour lutter plus efficacement contre les discriminations en s’attaquant à chaque maillon de la chaîne, école, stage, job, culture : « N o u s aidons les collégiens sans réseau à décrocher leur stage de troisième, Fête le mur intègre les jeunes grâce au sport, Become organise des séjours pour les ad os afin de leur donner le goût de l’engagement, Les Concerts de poche fait découvrir la musique classique à un public qui n’a pas l’habitude d’en écouter, La Cravate solidaire récolte des costumes et des ta il leurs (et des cravates !) pour aider des candidats à préparer leur entretien d’embauche. Partager des bureaux avec tous ces acteurs de l’inclusion et de la diversité facilite des tas de choses, comme les démarches administratives, que l’on fait ensemble. Cette année, certains de nos jeunes vont certainement effectuer leur stage au sein de L’Ascenseur ! C’est un cercle vertueux. »
Un renvoi d’ascenseur qui se fait aussi dans la bonne humeur à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, c’est Mathilde qui présente les succès de Time2Start et ses entrepreneurs « issus des quartiers ». De quoi inspirer les bénévoles assis autour de la table. Un réseau sur Facebook est utilisé comme messagerie interne ; chacun y poste offres d’emploi et actualités. Même Eloquentia, la fameuse association de Seine-Saint-Denis qui forme à la prise de parole les collégiens et les lycéens, a pris un bureau à L’Ascenseur. De nombreux ateliers de formation à l’entretien d’embauche sont déjà organisés dans les sa Iles encore en rénovation. Adel Boughazi, 23 ans, et Louis Augustin Mbagnick Sène, 25 ans, sont tous les deux passés par Yes Akademia, l’une des dernières associations à s’être établie à L’Ascenseur. Adel, après être parti en Inde pour aider d’autres jeunes pendant quarante-cinq jours, continue d’être bénévole à L’Ascenseur : « Je suis passé donner un coup de main pour le déménagement et aussi pour fêter l’anniversaire de Louis Augustin, qui a 25 ans aujourd’hui, notre asso, c’est une grande famille ! Venir ici, dans un si bel immeuble, c’est vraiment génial et super motivant ! » Louis Augustin, né dans un village très pauvre du Sénégal, est aujourd’hui secrétaire général du comité de jeunes de Yes Akademia dans son pays et effectue son service civique à Paris au sein de L’Ascenseur. « On voulait qu’à chaque étage nos bénéficiaires trouvent un interlocuteur pour leur donner un coup de main, explique Saïd Hammouche. Nous installer au cœur de Paris nous a permis de rendre les problématiques de l’égalité des chances plus visibles par tous : les politiques, les pouvoirs publics, les journalistes.
Afin de leur dire : Nous sommes là, on existe, on a des solutions, venez nous voir Et puis, ce bel immeuble indique aussi à nos jeunes que l’on veut le meilleur pour eux, l’excellence, et pas un avenir au rabais. Ils ont droit au meilleur. » Non loin, dans le ciel de Paris, l’ange de la Bastille y veillera.

Entretien de Marilou David par étudiante de Sciences Po

Entretien par Sacha Besson, étudiante de Sciences Po, de Marilou David, lauréate de YES Akademia du programme IMPOWER, de la 7ème promotion, décembre 2018
  1. Pourrais-tu dire quelques mots à ton sujet ? D’où tu viens, ton expérience académique, ta personnalité… ?
J’ai 21 ans, j’ai fait un bac ES et j’ai toujours été bonne élève alors je suis allée en classe préparatoire littéraire pendant 2 ans, où j’ai découvert la géographie. J’ai donc fait mon équivalence en L3 de géographie à la Sorbonne puis j’ai commencé cette année un master d’urbanisme mais ça ne me plaisait pas donc j’ai arrêté pour faire un service civique à Yaka.
Bien que discrète et timide, je suis réfléchie et autonome. Le fait que mon père m’ait virée de chez moi il y a deux ans fait que je suis très débrouillarde, puisque je dois gérer toute ma vie toute seule. J’ai tendance à déprimer très facilement d’habitude mais depuis le Sénégal c’est beaucoup moins le cas. J’adore discuter de sujets assez sérieux, lire, réfléchir. Mes sujets favoris sont le féminisme et l’écologie, et plus généralement la politique. J’aimerais continuer mes études en science politiques l’année prochaine, éventuellement à science po.
  1. Schwartz a développé une « théorie des valeurs ». Les 10 qu’il met en avant sont : auto-détermination (pensée indépendante, création, exploration), stimulation (besoin d’excitation, nouveauté, challenge), hédonisme (plaisir ou gratification sensorielle), accomplissement (succès personnel, démonstration de ses compétences), pouvoir (prestige, contrôle ou domination), sécurité (stabilité, sûreté, harmonie), conformité (veille au respect des attentes et normes sociales), tradition (respect et obéissance aux traditions culturelles ou religieuses), bienveillance (volonté de préserver ou améliorer le bien-être de ses proches), universalisme (bienveillance dirigée vers tous les gens et la nature). Lesquelles te parlent le plus, te définissent le mieux ? Aurais-tu envie de commenter ?
Je tiens beaucoup à mon indépendance et à ma liberté, ce qui est assez lié au fait que j’ai dû apprendre à m’occuper de moi relativement tôt, je mettrais donc en premier “auto-détermination”. Ensuite, je mettrais bienveillance et universalisme, qui vont ensemble d’après moi, car je suis très attentionnée avec mes proches et je suis très sensible aux injustices sociales etc. J’ai aussi beaucoup besoin de stimulation, car je ne supporte pas de faire quelque chose de routinier ou qui n’a pas de sens pour moi. Je dirais que “stimulation” et “accomplissement personnel” vont de pair pour moi. Les valeurs auxquelles j’adhère le moins est celle de la tradition ou du pouvoir.
Cette théorie me semble cependant très influencée par l’idéologie dominante individualiste. Je ne vois pas trop en quoi “stimulation” est une valeur et je ne suis pas tout à fait d’accord avec la définition qu’il donne de l’universalisme mais je pense que globalement ces idéaux sont partagés par presque tous les occidentaux.
  1. Pourquoi voulais-tu t’engager dans une association ? tu parles d’un « sens des valeurs et de la justice » dans ton récit. Veux-tu développer ?
Je voulais m’engager dans la vie associative parce que je pense depuis petite qu’il y a énormément de choses à changer dans le monde, à commencer les injustices sociales, et que je ne me voyais pas vivre ma vie sans essayer de changer tout cela. Je pense sincèrement que si je ne consacre pas ma vie à essayer de faire bouger les choses, je serai très malheureuse. C’est le seul sens que je trouve à ma vie et à mon travail.
Je ne sais pas comment l’expliquer, mais je ressens que je ne peux pas rester impassible face aux différents événements injustes dont j’entends parler, je me sens touchée très facilement, comme si je prenais tout cela personnellement. Quand il y a une injustice, comme par exemple des manifestant.e.s qui se font tabasser par la police, je ressens une très grande colère et j’ai presque l’impression que c’était moi sous les matraques.
  1. Tu dis que YAKA t’a semblé accessible. Qu’est-ce qui te freinait auparavant pour t’engager ? Qu’est-ce qui t’a fait choisir YAKA spécifiquement ?
 Ce qui me freinait avant YAKA, c’était l’idée de devoir socialiser et devoir me confronter à des personnes que je ne connaissais pas, et dont la plupart n’ont pas grand-chose en commun avec moi. En plus, j’estimais que j’étais illégitime à m’engager dans une association car j’estimais ne pas avoir assez de connaissances pour cela. Par exemple, je voulais m’engager dans les jardins partagés à Paris mais j’avais peur de devoir trouver des sujets de discussion avec les différent.e.s participant.e.s et je ne pensais pas y avoir ma place puisque je connais très peu sur le jardinage.
Ce qui m’a attirée chez Yaka, c’est que l’objectif spécifique de la structure était de pousser les jeunes à s’engager, alors je me suis dit que j’allais y apprendre comment m’engager dans ces associations que je rêvais de rejoindre. Ca me semblait plus accessible, parce que j’allais être entourée de jeunes de mon âge, probablement aux paumé.e.s que moi, et qu’ils n’allaient pas me juger.
  1. Pourquoi as-tu choisi le programme IMPOWER ? Quelles étaient tes attentes ?
Je me suis inscrite un peu sur un coup de tête, parce qu’à ce moment j’avais vraiment besoin de m’ouvrir à autre chose que les études (après deux ans de prépa j’avais un peu besoin de respirer…), de rencontrer des gens et j’avais très envie de voyager sans avoir ni les moyens ni l’audace. Je ne me rappelle pas vraiment quelles étaient mes attentes, parce que j’étais surtout préoccupée par ma peur de devoir aller toutes les semaines aux ateliers alors que ma phobie sociale me criait de rester seule à la maison. Je ne sais pas ce qui m’a poussée à quand même y aller toutes les semaines, peut-être qu’au fond je sentais que ça me faisait profondément du bien.
  1. Comment as-tu vécu la première phase du programme « oser rêver » ? Quelles difficultés as-tu rencontré ?
D’un côté, la première phase était très difficile (à cause de mes difficultés sociales) et parfois je n’allais pas aux ateliers par peur, mais elle m’a vraiment beaucoup motivée à m’engager, puisqu’à chaque atelier on parlait de sujets qui m’intéressaient beaucoup, et comme à chaque fois que j’entends parler de sujets de société, quand je ressortais des ateliers j’étais remplie de nouveau de cette énergie qui me donne envie de m’engager et tout changer. Je pense que ces moments de sociabilité me faisaient du bien, quand j’avais le courage d’y aller et de m’exprimer à l’oral.
J’ai eu des difficultés aussi à m’exprimer en public et surtout de me trouver légitime à participer au programme, parce que j’avais l’impression que les autres jeunes étaient bien plus impressionnants et méritants que moi. Je ne comprenais pas pourquoi les staffs avaient accepté mon dossier de candidature pour le programme.
  1. Comment pressentais-tu la phase 2 « oser bouger » avant le départ ? Pourquoi ?
 Etant donné le niveau de stress dans lequel j’étais avant chaque atelier de trois heures tous les samedis, je te laisse t’imaginer l’état dans lequel j’étais avant de devoir partir 5 semaines en pays étranger avec les autres lauréats… Je ne suis venue à aucun des ateliers le mois avant le voyage, parce que j’avais décidé de trouver une excuse de dernier moment pour ne pas partir, comme je faisais souvent dès que j’avais rendez-vous avec quelqu’un quand j’étais phobique sociale.
Ce qui m’a poussé à transcender ma peur et partir, c’est que je m’étais engagée auprès de Yaka pour partir et que j’en avais parlé partout autour de moi, donc je ne voulais décevoir personne.
  1. Comment s’est passé le début de l’expérience d’immersion au Sénégal ?
 Au début, j’étais muette et transparente. Je ne parlais pas, j’avais super peur. Les premières réunions avec les lauréats, je les ai passées à écouter sans rien dire. Quand les lauréats ont commencé à me demander ce que j’en pensais etc. je sortais 2-3 mots, mais seulement pour dire que tout allait bien pour moi ou que je n’avais rien à dire. Je voulais rentrer chez moi au bout du 2e jour. Là où ça a commencé à aller mieux, c’est quand j’ai commencé à me rapprocher de Yanis, un autre lauréat, et après un atelier de Développement Personnel dans lequel on parlait d’échec. Une personne du staff qui s’appelait Amber m’avait demandé de parler d’un échec que j’avais eu dans ma vie et comment je l’avais surmonté, pour illustrer ses propos lors de l’atelier. J’ai parlé de mes difficultés familiales et de ma dépression, et à ma grande surprise j’ai eu des retours très positifs, les gens me soutenaient beaucoup et cela les avait touchés et intéressés, ce qui m’a donnée beaucoup de confiance en moi et en ma parole. Je me suis sentie plus intéressante, moins transparente, et la bienveillance dans laquelle je baignais m’a donné confiance en moi.
  1. Est-ce que tu as perçu un changement notable à l’issue de ce mois et demi ?
Oui : j’ai tout bouleversé dans ma vie. Là où je gardais mes projets à l’état d’idées, j’arrive à passer à l’action. Pour la première fois de ma vie, j’ai réussi à prendre une grosse décision (arrêter mon master) toute seule sans avoir besoin de l’autorisation préalable d’un.e membre de ma famille ; j’arrive à savoir ce que je veux dans ma vie sans me contraindre à correspondre aux attentes d’excellence universitaire de ma famille. J’arrive beaucoup mieux à prendre des décisions, à passer à l’action, à compter sur d’autres personnes pour m’aider. Je demande de l’aide quand j’en ai besoin et je n’hésite plus à parler de mes problèmes aux personnes qui m’entourent. Je suis plus sociable, je m’intéresse davantage aux autres. J’ai très envie de voyager et découvrir plein de choses depuis le voyage ! Vraiment, il ne s’était pas passé autant de choses que ces 6 derniers mois dans ma vie.
  1. Comment ce changement s’est-il opéré ? Y-a-t ’il un moment en particulier qui t’a marqué ? Ou plusieurs ?
Il y a plusieurs moments charnières où le changement s’est opéré :
  • week-end à la Benerie début juillet : Yaka avait organisé un week-end dans une ferme entre lauréats, une semaine avant de partir au Sénégal. Je m’y suis sentie bien, et ça m’a un peu remotivée à partir au Sénégal. Là-bas, j’ai pu parler un peu plus en profondeur avec certaines personnes avec qui j’avais peu parlé auparavant
  • 2e semaine au Sénégal : le moment où j’ai parlé devant tout le monde à l’atelier puis les jours qui ont suivi, où je me suis un peu plus ouverte
  • le retour en France : le retour au stress, aux écrans, à mes relations toxiques avec mon père et mon ex-copain, à ma solitude constante m’ont fait me rendre compte que mon mode de vie en France était très mauvais et j’ai fait un grand ménage dans ma vie
  • vacances de la toussaint : j’ai tout changé dans mon orientation scolaire alors que pesaient sur moi les attentes de ma famille, moi qui était l’”intellectuelle” de la famille et qui devait réussir une carrière universitaire. J’ai décidé de faire ce qui me plaît plutôt que ce qui est valorisé socialement
C’était un changement par étapes, et à chaque étape je me rendais d’un seul coup compte d’une chose sur les autres ou sur moi
  1. Il semble que les profils soient de lauréat soient diversifiés. Penses-tu avoir été enrichie à leur contact ? De manière générale, que penses-tu à ce sujet ?
 Oui, les lauréat.e.s sont tou.te.s très différent.e.s ! On vient de classes sociales, genres, ethnies différents c’était très intéressant de discuter avec elle.eux ! Ce qui nous réunissait tou.te.s, c’était qu’on souhaitait s’engager dans un projet commun, qu’on avait des valeurs et l’envie d’agir mais qu’on savait pas trop comment s’y prendre. En étant confrontée à des gens aussi différents que moi, j’ai appris énormément. J’ai compris que la première barrière qui me séparait des autres et qui faisait que j’avais peur d’eux, c’était mes préjugés sur elleux. Et pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression d’être complètement complémentaire avec un groupe de personnes : j’avais l’impression d’apporter un petit plus au groupe, et qu’à nous tou.te.s on arrivait à accumuler assez de qualités pour que ça fonctionne bien
Par exemple, quand on parlait politique avec trois des lauréats, j’ai pu réfléchir davantage que quand j’en parle avec mes ami.e.s qui ont tou.te.s le même avis que moi à ce niveau-là.
  1. Si tu devais associer ton expérience au Sénégal et avec YAKA (avec les lauréats, la population d’accueil et l’association) avec les 10 valeurs de Schwartz, que dirais-tu ? As-tu eu l’impression que ces valeurs étaient partagées ?
 J’associerais cette expérience avec la stimulation, l’accomplissement, la bienveillance et l’universalisme. Et je me rends compte en répondant à cette questions que c’est exactement les valeurs dans lesquelles je me reconnais !!
Oui, c’était des valeurs largement partagées et c’est sûrement pour cela que le voyage m’a autant enrichie je pense
  1. Que penses-tu de ces mots de Paulo Freire : « être complètement humain est être un acteur social conscient qui a la capacité, le désir et l’opportunité de participer à la vie sociale et politique » ; « l’aliénation de la jeunesse est la séparation du sujet vis-à-vis d’une vocation ontologique de participation humaine active au monde » ?
 Je pense qu’il a complètement raison, on vide totalement les jeunes de leur énergie et de leur propension naturelle à se s’indigner, de leur envie d’agir. On veut toujours faire passer ça pour un trait immature alors que c’est ce qu’il y a de plus humain d’après moi, et j’espère ne jamais perdre cette énergie. Il dit exactement ce que je pense et ressens. Et je pense que si je vais tellement mieux aujourd’hui qu’il y a six mois, c’est parce que je me suis rendu compte que ce qui me rendait heureuse c’était cet engagement dans la vie sociale et politique.
  1. Pour résumer, que t’a offert cette expérience au Sénégal ? Qu’a-t-elle changé pour toi ? (Personnellement, mais aussi au niveau de ta vision du monde, remise en cause de préconceptions ou clichés…) Et plus largement ton expérience avec YAKA ?
 En résumé, ça a achevé de me persuader de faire ce qui me semblait juste et pas ce que les autres attendent de moi (la phrase d’Einstein là-dessus est éclairante : “N’essayez pas d’être une personne qui a du succès ; essayez d’être une personne qui a de la valeur”). Ma peur des autres a largement diminué, parce que je me suis rendu compte que la plupart des gens méritaient que je leur fasse confiance alors que mon premier réflexe était de me méfier. En étant confrontée à la vie très difficile des villageois sérères, j’ai réussi à comprendre ce qu’était la vraie pauvreté, ce qui m’a permis de relativiser ma situation socio-économique (il paraît qu’en ayant un SMIC en France, on fait partie des 8% les plus riches du monde !!). J’ai aussi appris que pas mal des valeurs que j’avais étaient partagées par la plupart des gens que je côtoyais, même au Sénégal. J’ai compris et intégré l’idée que je peux et dois agir pour changer ce qui m’indigne, que je peux avoir un impact sur les pensées et les actes des autres.
C’est beaucoup tout ce que j’ai appris !
  1. Y-a-il des reproches que tu voudrais faire à YAKA ? Des suggestions ?
Il y a eu des petits problèmes de désorganisation, mais je trouve que ça fait vraiment partie du voyage et du processus de sortie de sa zone de confort. Tou.te.s les lauréat.e.s râlaient qu’on leur avait pas prévenu de ci, qu’on ne les avait pas préparé.e.s à ça… j’avais l’impression d’être la seule à penser que ça faisait partie du voyage et des challenges à surmonter ! La seule suggestion que j’aurais, c’est de simplifier le dossier de recrutement : j’ai failli ne pas postuler, car j’étais trop impressionnée par le dossier énorme à remplir et par le fait de devoir avoir autant de référent.e.s. Ca peut démotiver nombre de potentiel.le.s candidat.e.s… !
  1. Nous avons beaucoup parlé du Sénégal et de YAKA. Mais que penses-tu de la situation de la jeunesse en France ? Quels sont problèmes ? Comment améliorer la situation ?
Je pense qu’on est particulièrement oppressé.e.s et délaissé.e.s. D’un côté on nous met la pression en nous rabâchant qu’on est les citoyen.ne.s de demain, qu’il faut qu’on soit bien éduqué.e.s, qu’on prenne soin de notre santé etc mais en même temps on est très peu aidé.e.s sur le plan financier comme psychologique durant nos études. On nous retire, au fur et à mesure, les fines aides qu’on a pour survivre à cette période difficile de la vie, et ça nous prend en étau.
De même, je ressens énormément de mépris envers notre génération. On nous désigne comme des être fragiles (les “snowflakes”) tandis qu’on ne fait que remarquer des comportements problématiques et oppressants (racisme, misogynie, lgbtphobie), cela dérange que les minorités prennent enfin la parole, et en général ce sont de jeunes personnes. On nous reproche d’être peu politisé.e.s alors qu’on l’est très largement, seulement nous nous concentrons sur des problématiques différentes de celles de nos parents.
On est également très largement victimes d’anxiété, de phobies et de dépression. Je peux compter sur les doigts de ma main le nombre de personnes de notre génération que je connais et qui n’ont aucune de ces trois maladies mentales. C’est probablement dû au caractère anxiogène des études et du monde du travail, mais également de l’ensemble des oppressions que subissent les jeunes. Tout cela nous paralyse et nous empêche de nous engager politiquement, de nous mobiliser collectivement, et c’est probablement pour cela que les générations d’avant nous voient comme peu politisé.e.s.
A petite échelle, il est important qu’il existe des programmes comme celui de Yaka, mais il touche si peu de jeunes, ce genre d’initiative devrait être élargie à l’ensemble de la population jeune. De mon côté, j’ai un projet de création d’un réseau d’entraide pour les jeunes qui prennent leur indépendance, choisie ou forcée, afin qu’ils ne se sentent pas seul.e.s et démuni.e.s face à ce moment angoissant de la vie ; mais encore une fois cela n’aura un impact que minime. Il faudrait que les jeunes se révoltent soient collectivement, en menant des actions politiques concrètes (ce que certain.e.s font déjà, notamment en termes de féminisme et d’écologie) mais aussi personnellement, en refusant par exemple d’étudier pour exercer des métiers destructeurs comme trader, marketer, manager, etc.
  1. A présent, comment souhaites tu mettre à contribution ce que tu as appris de toi et du monde ? Que souhaites-tu réaliser lors de la phase 3 « oser agir » ? Pourquoi as-tu décidé de faire un « service civique » auprès de YAKA l’an prochain ? Plus largement, quels sont tes projets, tes choix d’étude, tes choix de vie ?
Tout cela s’est déjà cristallisé, d‘où ma réorientation et mon idée de projet pour la troisième phase. Pour ce qui est du service civique, c’est parce que je souhaitais déjà faire une année de césure l’année dernière, mais une de mes profs a réussi à me convaincre de ne pas la faire pour ne pas “perdre du temps”. Mais si je reviens sur ce choix c’est bien que je sens que ma place est dans ce type d’activité. J’ai choisi Yaka notamment parce que j’ai remarqué que l’ambiance bienveillante me mettait très à l’aise et que l’expérience m’avait considérablement changée. J’avais envie de retrouver ce groupe de gens avec lequel je me sentais bien, et aussi d’apprendre à manier des outils associatifs pour m’en inspirer pour ensuite les utiliser dans mon association et au quotidien dans mes futurs engagements.
  1. Que t’évoquent les mots « youth empowerment and international development » ?
“Youth empowerment” m’inspire bien plus que “international development”. Je me sens bien moins concernée par le développement international, qui me semble un concept flou et sur lequel j’ai assez peu d’influence. Lorsque je suis allée au Sénégal, j’ai davantage vu de jeunes s’émanciper qu’un réel “développement international”. Je crois vraiment que les jeunes doivent s’ “empower” (dommage qu’il n’y ait pas un équivalent français !!), quelque soit l’échelle de leur empowerment. Pour ma part, je me sens plus utile en France, à mon échelle, car même s’il y a beaucoup à faire dans les autres pays, en France et autour de moi aussi il y a énormément à faire, et ça m’est plus accessible.
  1. Si tu devais synthétiser en une phrase ou quelques mots ta « youth story » que dirais-tu ?
Je dirais que je suis partie d’assez loin et que je ne me suis rendu compte du changement qui s’est opéré en moi qu’après coup. Si je suis capable d’un tel changement, la grande majorité des jeunes en sont aussi capables, mais ce qu’il manque c’est les moyens.

Interview with Ellie, year-long YAKA volunteer 2018

Below is an interview carried out by two Sciences Po students, for Sarah Gogel’s youth empowerment & international development class, Fall 2018
  1. Can you tell us a little about yourself? What interests you about youth development and/or empowerment?
I’m Ellie, I’m a History graduate from Cambridge University and grew up in Camden, London! Throughout my education I’ve always been interested in how I and others learnt and developed; what sparked us and what constrained us. It is the political, psychological and sociological factors that allow youth to develop that I find so interesting. Although, it is the political, psychological and sociological outcomes of that youth empowerment that I find so inspiring. The power of youth empowerment lies in its ability to transform the one-way dichotomy between teacher-student, creating a snowball effect of different possibilities and solutions within the production of knowledge. It was the sad reality that national curriculums tend to constrain such possibilities that led me to get involved with alternative youth development schemes, such as YES Akademia.
  1. Why do you think youth empowerment is important and/or relevant?
It was the stifling nature of school and university curriculums, with their emphasis on exam results, that focused my interest on the potential of youth development. 69% of businesses think secondary schools aren’t effective at preparing young people for work. A process of regurgitating masses of short-term memory currently needed to succeed in the current education system, is indeed, one useful skill to have. However, this fails to encompass the diversity of skill that youth need to and can potentially have. In a society with rapidly transforming technological innovations, it is imperative that young people are equipped with the resilience, confidence, creativity and critical thinking that allow them to face challenges and find solutions.
3. How did you learn about YAKA?
Through a friend who worked with them during her year abroad.
4. In your own words, can you describe what YAKA is and the impact they have? (Imagine as if you were explaining to a friend who was curious)
YAKA is a global grassroots, for social profit organization based in Paris. YAKA has identified that that educational programs delivered in isolated areas do not sufficiently reach outside of the box to combine multi-disciplinary options of activism, travel, social entrepreneurship, arts, and international cultural exchange. YAKA increases the self-esteem of youth by engaging them, their families, and communities to learn about and address human rights locally and globally. YAKA do this through various programmes where youth learn theoretical concepts about social action, and then apply them through direct action. This emphasis on action allows youth to understand and test abstract concepts in real-life, immersive situations, thereby allowing them to have deeper insights into understanding problems and finding solutions. YAKA empowers youth to become powerful change makers and entrepreneurs of their own lives.
5. What qualities do YAKA fellows have and what were you looking for in potential candidates (especially for the cultural exchange)?
I wouldn’t say that YAKA fellows possess any particular ‘qualities’ or characteristics. What makes the YAKA team work so well is its diversity; each member brings with them their own particular qualities, ideas and viewpoints which, in turn, creates eclectic and nuanced solutions to problems. I spent the majority of my time at YAKA being truly inspired by the minds of my fellow colleagues. They were not only great people to work with, but were my emotional and intellectual rocks; relationships that were especially evident and needed during the cultural exchange trip to Senegal. I think such special, interpersonal dynamics are accentuated by YAKA’s holacracy system, whereby the horizontal networks push those from different ‘circles’ to interact and learn together. The holacray system is organic and dynamic, so YAKA employees are encouraged to bring their own ideas to the table, and if they see something that is not working well at YAKA, they have the ability to change or develop it. At the same time, due to the non-hierarchical nature of a holacracy, it is imperative that employees are autonomous, responsible and open about their work. A holacratic system depends on all parts working in symbiosis, so employees have a responsibility to keep the work loads of these parts equal.
6. In your file you raise the issues with “different education lines” and the intersectional problems surrounding access to quality education. In your opinion how is YAKA contributing to minimizing these barriers?
YAKA contributes to minimizing barriers to quality education in a number of ways. The majority of the youth in YAKA’s programmes are from low socio-economic backgrounds from the Ile-de-France region; youth who are often stigmatized by the French media and alienated from the opportunities of personal development available at French private schools. In addition, YAKA’s research shows that students at the end of school year from all socioeconomic backgrounds tend to attain similar grades, however after the summer holidays, when middle-class students tend to have opportunities to travel, explore the world, themselves and its complexities, grades between lower and middle students start to diverge. By giving youth who don’t typically have access to snazzy summer trips the opportunity to develop themselves and their projects during the inter-cultural exchange, YAKA therefore responds to this structural inequality within the education system.
7. In your own words can you describe the program and what you did?
There are various programs within YAKA. I personally took part in the Bamboost programme that trains young people in responsible entrepreneurship, sustainable development and international solidarity, allowing them to develop their professional skills by taking an active role in the running of the charity. In Paris, I worked as ‘leadlink’ within the Human Resources circle and with the evaluation and research and development circles. In Senegal, (working with laureates of the phase 2 part of the IMPOWER programme) my roles were with the pedagogy, administrative/ logistic, and evaluative side.
8. What was your role and responsibilities as a “leadlink”?
The role of the leadlink is to oversee the overall functioning of your ‘circle’. As the leadlink of HR, I saw to the weekly planning and distribution of tasks to the rest of the team that contributed to long-term goals of the circle. It was my responsibility to train new interns, seeing to their emotional and professional needs and development by putting on Predictive Index workshops and creating a guardian angel system. I also constructed a HR strategy that sought to pull all the disparate and potentially effective parts of YAKA’s HR together into a more cohesive, and holistic HR strategy.
9. How much background information do YAKA participants receive about the communities they travel to?
This largely depends on whether YAKA has already visited the community or not. If they have never, then even the staff have relatively little information on it. However, if they have, previous staff and laureat evaluations, along with their own personal experiences can enrich YAKA participants’ knowledge. At the same time, especially for the laureats, the objective of the cultural exchange is to push them to get out of comfort zones, experience something that is potentially initially scary, but underlines their ability to adapt to new settings. Therefore, it is sometimes best that the laureates don’t know every tiny detail about the communities they travel to.
10. How did you respond to travelling in an underdeveloped area?
I don’t really agree with the term ‘underdeveloped’ to describe YAKA’s partner countries as it doesn’t describe the nuance of the country’s economy, health, mortality rates, and lumps very geographically and socio-economically diverse countries together. Of course, opportunities are far more available where I come from and I have far more privileges in many ways. But the fact that my Soussane family often labelled European society as ‘malade’ shows that a binary between developed vs. underdeveloped societies can’t necessary be created. Obviously it was initially a shock; an English girl in the Senegalese sun is makes ripe conditions for a red, sweaty glow, but the hospitality and welcoming nature of Soussane and my host family made me feel quickly at ease. I was definitely treated differently to the rest of my family; we often ate different meals as they cooked me the most delicious feats I’ve ever had whereas they would have couscous…
Obviously that relationship often felt uncomfortable, but I think with time those barriers have the potential to dilute slightly.
11. Do you have any tips and suggestions for others on how to prepare for this?
  • –  SLEEP: it’s going to be an intense, tiring experience so rest up before hand.
  • –  Think critically about your personal strengths and weaknesses; what do you want to learn during the trip? Is there anything you want to improve? Be prepared to hear constructive criticism of yourself and think of the experience as a space to 
develop and learn.
  • –  Think about your position within a group, what qualities do you bring in what ways 
could you even affect people negatively.
  • –  Allow yourself to be a little nervous before, because it’s natural, but try to see the 
experience as a challenge, not a threat
  • –  Think about effective forms of communication; what is the best way to 
communicate when you are hurt or frustrated with a situation.
  • –  Due the reality that a lot the situations during the cultural exchange are, in ways, impossible to prepare for, I think it is best to emotionally prepare in order to 
effectively deal with the unexpected moments. 
 Often times, trips taken by people from developed countries to developing countries end up being unimpactful or even harmful to developing communities. How do you think YAKA structures its cultural exchange differently to avoid creating a voluntourism opportunity? 
Again I wouldn’t necessarily describe the cultural exchange as a relationship between people from ‘developed’ vs. ‘developing’ countries. I think it is this sort of language that allows people to think they are coming from a ‘superior’ country and thereby need to ‘save’ those who need to be ‘developed’. The YAKA cultural exchange is significant in transforming this relationship, as the emphasis is placed on the ‘exchange’ between the two parties. A two-way street of knowledge production is created through workshops on education, entrepreneurship, politics and the environment. The co-constructed programme allows each party to learn from each other’s experiences, and together find nuanced situations to local and global problems. 
7. How did the pre-departure workshops enrich your trip to Senegal? 
Principally personal development techniques and non-violent forms of communication that I could subsequently use in inevitable unexpected situations during the trip. 
8. In your evaluation of the YAKA programme you mentioned that there should have been more intercultural workshops. Can you expand on this? 
I interpreted the fact that, in some of the Senegalese youths’ evaluations, they stated that they did not necessarily feel more connected with the rest of the world after the trip, as due to the fact that the workshops lead by the French youth did not offer an exposé on the socio-economic or political situation in France, in comparison to those lead by the Senegalese. Instead, and rightly so to create engaging workshops, the French put on more interactive workshops that were based on mind maps and games. This inevitably created a situation where the youth learnt loads on Senegalese political, educative and 
environmental situations, but nothing on the French, thereby not creating a level playing field of knowledge and sharing; disallowing the Senegalese to truly profit from the advantages of a cultural exchange.
There were also situations where some of the staff felt that the French youth could have communicated more sensitively in certain situations. I think a series of inter-cultural workshops could have aided this situation
1. How to communicate through non-violent forms if you are shocked by a remark from someone who may hold different value systems to you? What kind of complaints might be considered offensive to others?
2. A more specific understanding of the cultural differences within the partner countries i.e importance of seniority in Senegal. How seniority may be a more important category of identification than that of gender? How this may affect the the expectation and style of events such as the forum? Without these understandings of different social differences, it can be become easy to assume that certain groups may inhibit an ‘oppressed’ position within society. However, a better understanding of these structures not only gives a more nuanced understanding of these cultures, but also creates a more level playing field of power balances between the two parties that engage in the cultural exchange; away from oppressed vs. free, developed vs. underdeveloped.
I think the need to have appropriate communication methods and understanding of others within a balanced cultural exchange is imperative to YAKA’s objectives; notably if we take part of the meaning of YES Akademia itself. Y (Youth) E (Empowerment) S (Solidarity), in addition to Akademia (Plato’s multi- disciplinary learning forum that posed problems to be studied and solved without any particular doctrine) underlines for me, the importance of creating a space of effective communication that accommodates for a diversity of opinion.
12. What was your biggest takeaway from the overall experience?
I think it was how much I felt I could learn from the people of Soussane. The hospitality of my host family and the entire village was really incredible. When I asked someone in my family where this kindness came from, they responded that it’s necessary to welcome all individuals into your family/ community, as potentially one day, you may also be a lone, individual and that sense of welcoming should be thereby reciprocated. This sense of welcoming and idea of community towards non-blood related individuals/ foreigners was so at odds with the current Brexit rhetoric against migration that one currently hears. With skyrocketing figures homelessness in the UK and numbers of young people suffering from anxiety and depression, in part stemming from our obsession with individualism, I couldn’t help but agree with my host family’s previous description of Europe as ‘malade’ .
13. Tell us about a conflict or challenge you encountered during the program. How did you deal with it?
I think a challenge I encountered, definitely in the lead up to the trip, was fearing critique. This was an especially silly challenge as I also felt that I couldn’t define my strengths or weaknesses, so this fear of self-reflexion was very unhelpful! It was after one of my amazing colleagues told me to perceive the voyage as an experience to learn and see all constructive critique as imperative for personal development, that I could transform my perception of this fear. This psychological change really helped to give me a thicker
skin in dealing with the inevitable intensity and challenges during the trip… and now I love constructive criticism, give me more!
14. How did you contribute to the community you visited and how do you think YAKA provides sustainable contributions to the partner countries it works with?
The biggest impacts on the village, according to the evaluations, were 1. the youth engagement who stated they had understood their potentiel, had obtained new skills such as public speaking, managing projects and had really implicated themselves in the development of their village, 2. the animation of the village created by the programme saw to the creation of new social connections between youth, and by extension their families and previously disparate parts of the village. The evaluations also picked up in the ‘ouverture d’esprit’ of the village through successful integration of the French youth into the community. This final point leads on to why YAKA specifically provides sustainable contributions to its partner countries. During the evaluative interviews with the host families, they stated that many other charities with young people had come to the village, but always for a short period and never stayed with the villagers themselves. They would come to construct a building and swiftly leave, making the villagers feel that Europeans did not want to and/or could not handle their way of life. The immersion of the YAKA’s cultural exchange thereby decontructs this perception of Europeans as somehow ‘different’ and therefore unwilling to participate in their way of life. During the trip the laureats eat, live, and share with their host families, thereby creating a level playing field of exchange, and in many cases forging strong friendships. Unlike other charities that implement their proposed project, the workshops in YAKA’s cultural exchange are co-constructed and reflect the desired topics of discussion of both the French and Senegalese. The workshops intend to give the French and host community the emotional and professional skills that they can use to effect their own projects and societal change. The setting up of a comite des jeunes in Soussane will thereby continue the objectives of YAKA by the Senegalese youth themselves.
15. As a staff member responsible for evaluating impact on the communities and youth involved in the cultural exchanges, how were impacts measured and how do you think YAKA can improve how it betters the communities of the partner countries?
Impacts were measured by various quantitive and qualitative interviews with the French and Senegalese youth and the community (consisting both of the host families and non host families). Evaluations were measured on whether the objectives of the programme had been reached for each group. Evaluations were also made on the effectiveness of the programme itself (the workshops, forum, tourist outings, internships). Whilst evaluating the impact of the programme it was imperative to take into account the factors that could cloud our understanding of the impact. A question of time scale needed to be taken into account. The impact we made was short term, however to get a real understanding of the programme on the youth’s lives, a long term study would also need to take place. In addition, I don’t believe that a large enough body of evaluations were done, especially with the Senegalese youth. There was also the difficulty of translation that came with interviewing some of the host families. Finally, in comparison to the esprit critique o f the French, Senegalese culture is not one of criticism, so one needs to be cautious both with the potential negativity of the French, but also positivity of the Senegalese.
I don’t think YAKA seeks to ‘better’ the communities of its partner countries; the trip is more about creating the same spirale virtuous t hat YAKA does with French communities, creating a sense of solidarity between youth on a global level. From the impact report I believe to improve this objective the international team need to:
  • –  Make sure the savoir-faire of the Senegalese youth are sufficiently uplifted, such as giving them experience in managing a team and a budget.
  • –  Ask the Senegalese youth on their opinion on the programme framework; workshops, tourist visits, internships etc.
  • –  Think about whether the French and Senegalese youth should adhere to the exact same objectives. Obviously they are impacted by different programmes so I see why their programme objectives need to be potentially different, but one does not want to see a disparity in quality for the two groups.
16. What are you up to now and how has your YAKA experience contributed to your current life? 
At the moment I’m working as a researcher at Shelter (a charity that campaigns to end homelessness and bad housing in the UK) and volunteering with the Migration Museum (a museum that discusses the history of migration in the UK). Next year be working as an English teacher in London with the Teachfirst programme. YAKA has taught me that thinking outside the box, having an esprit critique a nd finding solutions in creative and alternative ways are all POSITIVE things… Things that I was not taught at university. Growing up with dyslexia and dyspraxia, I often found it hard to to keep up, or fit into the formulas that constituted ‘success’, but YAKA has taught me to understand my own strengths and create my own formulas in life. YAKA has shown me the ability of the education field to be subversive and creative and has further impassioned me to work within this domaine.
17. How do you think your time with YAKA will help you in the future?
I think in the ways I have just described in that it has helped me understand my own strengths and weaknesses and how to problem-solve in nuanced and innovative ways. I hope to try and share these skills as a teacher next year. The skills and friendships I made at YAKA have been really formative to my personal and professional development, and will of course, been invaluable throughout my life!

Entretien et photos avec Prudence Bayonne, par trois étudiantes de Sciences Po

🗣 Prudence Bayonne, lauréate de la 7ème promotion IMPOWER de YAKA (2017-2019), voyagé à Soussane au Sénégal l’été 2018.
🎙 Interview par Julie Sitaud, Anouk Gohier, Claire Babok (étudiantes de Sciences Po) en décembre 2018
📷Photos © claire.babok
#youthstories 💬
#1/8_ Aventurière
🎙Un mot pour se définir
prudence aventurièrePrudence Bayonne se désigne comme étant aventurière: “j’ai beaucoup voyagé. Je raffole des découvertes de destinations lointaines”. Pour elle, s’éloigner et “découvrir l’aventure de la vie” était nécessaire, surtout pour “sortir de sa zone de confort. “Pourquoi pas se confronter à une réelle difficulté, et partir dans un pays anglophone toute seule?” nous explique-t-elle. En partant au Sénégal pour 45 jours avec le programme IMPOWER de YAKA cet été, elle voulait “tester ses capacités” parce que “quand on reste assis sur ses acquis on ne sait pas jusqu’où on pourrait aller”.
.
.
.
#2/8_ 🧱“Une pierre à l’édifice”
 prudence une pierre à l'édificeSi elle devait expliquer la démarche de son expérience, elle le formulerait selon cette métaphore. ’“Je suis en train de poser ma pierre à l’édifice”, en effet, ayant vécu chez les habitants, elle à participé à la “mis[e] en place [d’] ateliers avec les jeunes du village”, et notamment des ateliers sur l’entrepreneuriat. Selon Prudence, “[sa] pierre à l’édifice serait le fait de se sentir utile de façon concrète”. Elle a pu construire des liens forts, et “cette amitié [avec les habitants] s’est construite autour de la volonté de faire évoluer le village” sur le plan social, le plan économique, avec des exemples très concrets mais révélateurs du potentiel du village, qui offrent de réelles opportunités aux femmes du village: “on a conçu un produit, par exemple un sac à base de sac à patates”.
.
.
#3/8_ 🔄“S’aider soi-même en aidant les autres”
prudence s'aider soi même Prudence Bayonne nous raconte également comment cette expérience constitue un challenge pour elle. “Avant d’intégrer YAKA, je manquais cruellement de confiance en moi” explique la jeune fille. Ainsi, ce voyage “c’était aussi une façon de [s]e prouver [qu’elle] pouvai[t] poursuivre un projet de A à Z, rencontrer des gens, étoffer [sa] culture personnelle, et voyager aussi”. Selon l’expression consacrée qu’elle nous rappelle, “les voyages sont ce qui forme la jeunesse”. Pour elle, les doutes étaient néanmoins présents au moment du départ: “Avant de partir, je me demandais si je pouvais intéresser des personnes en France avec ce projet, et si j’étais capable de nouer des relations avec les locaux pour qu’on reste en contact”. Mais une fois lancée, elle n’a plus hésité car “c’est vraiment un partenariat main dans la main”.
Si le départ fut un challenge, l’expérience a eu beaucoup d’impact sur la vie de Prudence.
“Je garderai en mémoire le fait que grâce à mon voyage au Sénégal, j’ai arrêté de me maquiller”, car une fois là-bas nous dit-elle, elle a su comprendre qu’il est important d’apprendre à accepter que la vision qu’on a ne doit pas forcément plaire aux autres”. A Soussane, toute fraîchement arrivée, elle fut confrontée à un premier choc lorsqu’on lui dit “Nous ce qu’on regarde c’est ta personne, pas ton visage”, une phrase qui lui est restée en mémoire.

#4/8_
⚙️Acteurs du changement!
 prudence acteur de changement
Voilà comment Prudence Bayonne caractériserait le programme IMPOWER, dont la vocation est de “former à la solidarité internationale”. Ce programme a également un impact sur chacun particulièrement important nous explique Prudence, “l’individu doit prendre conscience de ses capacités, de sa possibilité de pouvoir agir pour la communauté”. Les multiples ateliers sur le développement personnel permettent à chacun de “mieux appréhender le travail en groupe”, et pourtant Prudence confie qu’“au départ, [elle a] eu un petit peu de mal à [s]e faire entendre, car [elle était] entourée de personnes avec de fortes personnalités”.
Pour Prudence, “la phase du voyage a été la plus puissante, on en apprend beaucoup sur soi-même”. Elle qui recommanderait le programme sans hésitation confie qu’“il y a certaines personnes qu’[elle n’aurait] jamais abordé, parce qu’[ils viennent] de milieux sociaux différents”, mais que le point commun qu’ils partageaient tous était “cette volonté de potentiellement devenir un acteur du changement”.
#5/8_Jeunes et capables!
 prudence jeune et capable
Cette expérience a également été l’occasion de réfléchir au pouvoir de la jeunesse. “Sur le plan local, j’ai changé d’opinion sur le pouvoir qu’ont les jeunes”, “Les jeunes sont la relève, c’est par eux que passera le changement. Il faut qu’ils s’emparent de problèmes liés à la société pour que les choses avancent.” Mais c’est également en travaillant avec la jeunesse que Prudence a vécu cet empowerment: “On a organisé un forum de la jeunesse au Sénégal. On y a accueilli des professionnels de la santé et de l’éducation, ainsi que des politiciens et des associations”. “J’ai perçu la puissance de l’initiative des jeunes, et à quel point ça pouvait avoir un réel impact”.
 
#6/8_ 👊🏿Le Moulin à Mil: Empowerment!
 prudence moulin à mil
La dernière étape du programme auquel Prudence participe consiste en un projet concret, qu’elle a lancé avec Abdou Seydi, un autre lauréat de YAKA de sa promotion. L’idée qui leur est venue est de “co-financer la réparation du moteur” du moulin à Mil du village. “Ca nous est venu grâce à des discussions avec les femmes du village”. Le constat de départ était “[qu’ils ne voyaient] pas toujours les femmes participer aux travaux champêtres.”. Ce sont elles qui sont responsables de piller le Mil, parfois aidées de leurs filles, ce qui les empêche d’aller à l’école. L’idée est alors de “permettre aux femmes d’être plus indépendantes de leur mari” et de leur donner une plus grande autonomie “de sorte qu’elles puissent vendre ce mil”. Prudence nous explique que les enjeux liés à l’éducation des jeunes filles sont très présents, et qu’au total, “il y a très très peu de personnes qui ont leur brevet dans le village”.
Pour soutenir le projet du Moulin à Mil porté par Prudence et Abdou, rdv sur le lien : www.lepotcommun.fr/pot/v79raawd
#7/8_ 💭Quelles inégalités?
 prudence quelles inégalités
Lorsqu’on lui demande quelle expérience elle a des inégalités, Prudence nous parle de ce qui la choque le plus en France: “les inégalités sociales”. “Les enfants n’ont pas les mêmes moyens de réussir selon leurs milieux. Ils ne disposent pas forcément du même capital économique, culturel, mais également social”. “Quand j’étais plus jeune, on m’a souvent montré l’école comme étant l’institution qui me permettrait de m’élever dans la société (…) Je me rends compte que l’école sert, ne serait-ce que pour montrer sa légitimé sur le marché du travail […], mais il y a une chose que je ne savais pas en étant plus jeune, c’est la puissance du carnet d’adresses”. D’ailleurs, elle nous confie avec un sourire: “Je pense que, quand je serai grande, j’aimerais vraiment lutter contre les inégalités sociales”. En abordant cette fois ci la question au Sénégal, elle évoque plutôt les inégalités de genre. “Lorsque tu es un homme, tu as beaucoup plus de prérogatives que quand tu es une femme.” “Si t’es une femme et que tu as le malheur de te marier en n’étant pas vierge, ton mari a le droit de te manquer de respect”. Si cette inégalité l’a fortement marquée, c’est aussi qu’elle a investi ce champ lors de son séjour là bas: “On a fait un atelier entre femmes, et on a discuté de la sexualité et des règles”.
#8_ 👐 Engagement solidaire
 prudence engagement solidaire
Finalement, ce programme a un impact fort pour elle même, mais également pour la communauté locale, et surtout pour les femmes et les jeunes filles; “sur le plan économique [ce projet] permettra aux femmes d’avoir un revenu,[…] de pouvoir épargner afin d’initier des projets en vue d’améliorer le village”. “Elles pourraient elles-mêmes être leur propre personne” conclut Prudence.

 

Amadou Diaw, lauréat 7e promo, Maison du Rugby de Yoff, Sénégal

Compte rendu d’Amadou Diaw de la Maison du Rugby de Dakar (lauréat Sénégalais été 2018 à Soussane)

Bonjour,

Je suis Amadou Diaw, lauréat de la 7ème promotion à Soussane 2018 au Sénégal.

J’ai pris départ le samedi 14 juillet à 1h du matin pour aller à l’ aéroport Blaise Diagne de Diass à Dakar pour accueillir les lauréats français avant de se mettre en route pour Soussane.

Après m’être bien reposé, une prise de contact avec les villageois était bien fait avant de mettre en place un planning de travail pour l’été.

Les ateliers démarrent et sont animés par les lauréat.e.s et les villageois de Soussane. Différents ateliers étaient mis en place afin d’inclure tout le monde. Des thèmes étaient développés et présentés sous forme d’exposé. En dehors de ces ateliers fait à l’école, dans les villages hameaux aussi, on aidait les familles d’accueil aux travaux des champs et aux tâches ménagères.

Après trois semaines d’échange avec les villageois, deux forums sont tenus pour mettre en valeur tout ce que nous avons fait jusque là.

Après celui de Soussane nous avons assisté à celui de Nianiar qui se situe à quelques kilomètres de Soussane.

Des sorties étaient organisées tous les samedi afin de se détendre et de découvrir d’autres lieux. Au retour de chaque sortie, tout le groupe prenait le dîner chez une famille d’accueil.

Après chaque sortie, une réunion était tenue entre staffs et lauréat.e.s pour faire le bilan de la semaine avant la reprise des ateliers de la semaine suivante.

En définitive, c’était un vrai échange culturel qui nous a permis de nous découvrir.

Du point de vue de la langue, j’ai amélioré mon niveau en français et j’ai aussi bénéficié de beaucoup de mots en Sérère. Par ailleurs, avant d ‘aller à Soussane, je n’avais pas l’habitude de travailler en groupe ou de prendre des décisions dans un groupe. Mais aujourd’hui, avec l’appui des lauréats et les staffs, j’ai non seulement un esprit d’équipe, en plus je me sens leader et avec un plus qui est la prise de parole en public !

Ainsi j’ai vraiment acquis la confiance en soi, car dans la vie on a différents désirs qui se manifestent en nous et si nous ne croyons pas en nos potentialités, elles ne pourront jamais se concrétiser. Je fais allusion au projet de micro développement réalisé.

Nous avons aussi bénéficié du système éducatif, politique et séculaire de la France développé par les lauréat.e.s français.e.s. Par exemple, les lauréat.e.s français.e.s ont eu à cultiver la terre au village, apprendre des mots en Sérère, visiter quelques lieux au Sénégal, faire la découverte de certains sites historiques, discuté des systèmes politiques, éducatifs et religieux au Sénégal, etc.

Un grand merci à YAKA qui nous a permis de nous ouvrir au monde à travers les ateliers et les échanges durant le voyage à Soussane 2018, qui fut un rendez du donner et du recevoir.

Text Widget

Placerat vel augue vitae aliquam tinciuntool sed hendrerit diam in mattis ollis don ec tincidunt magna nullam hedrerit pellen tesque pelle.